C’est comme ça que je te déteste

J’ai le stylo dans les tripes, l’ordi dans les talons, le cahier salive et ce cœur n’aura pas fait couler beaucoup d’encre.
Vous êtes tous plus grands que moi. Si si je vous l’assure. Votre nom figure sur des couvertures et moi, à force de sommeil, c’est la couverture qui figure sur mon non.
Non, pas un mot. Pas un seul petit mot ne sort correctement de cette bouche baveuse, libidineuse, qui ferait bien des choses pour entendre… je sortirais ma langue et je l’en caresserais jusqu’à l’extase.
Pourtant voilà. Voili, voiloù, elle n’a pas vu le loup.
C’est comme cette bagnole toute neuve. Jeune permis de tuer. Cet A(bruti), cet A(ttardé), cet A(charnement), cet A(ccident), cet A(nonyme). Incapable d’épeler ce nom qu’il n’a jamais su.
Tu me regardes, le verre à la main. Une vieille envie de fumer, fumiste, fumier. Et tu te marres… ô connard!
Comment voudrais-tu que je ne t’insulte pas? Ta présence m’est une insulte.
T’es là, dans l’entrebâillement de la porte. Position décontractée. Léger sourire, en coin, forcément. Et t’as pas l’air de vouloir bouger. Et c’est comme dans ses rêves, tu sais, où il ne peut rien faire. Il frappe, le poing fonce au ralenti. Le cri. Quel cri? Ce truc qu’il fait avec sa bouche grande ouverte? Mime grotesque.
Impuissant.
On s’arrête aux préliminaires? Précoce. Elle va prendre son pied ailleurs. Tout ça par ta faute. Tu observes, tu menaces comme l’orage qui tarde à venir. Tu m’étouffes.
Alors oui. C’est comme ça que je te déteste.
Je prendrais bien une corde, y faire un nœud coulant, ça changerait, tu sais, des nœuds qui sont dans la mienne. Et puis je te pendrais. Parce que sincèrement, je te déteste, comme ça, ou autrement.

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