La colline était ronde

La colline était ronde
Comme le ventre de cette mère
blonde
que le temps a effacé.

Je regardai le ruisseau
au loin
s’enfoncer dans la mer
insouciant
comme je le fus
m’extirpant de la mienne.

De l’autre côté, brume
et nuages s’embrassaient
comme un tableau vieilli, abimé
que l’on ne peut restaurer.

Le soleil, ce jour-là,
faisait comme un nombril
au milieu du néant.
Je cherchai en vain
le cordon qui me mènerait à lui
quand cette main m’a pris.

« Laisse le soleil de l’autre côté de la porte du temps, »
me dit-elle.
Elle inséra le clef, tourna
puis me la fit manger.

Je ne saurais dire
si elle avait le goût
du regret
ou de l’amertume.

De l’autre côté de la porte,
au bout du chemin pavé de jaune,
la colline était ronde
comme le ventre de cette mère
que le temps
venait de dessiner.

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