Mordred

couverture Mordred
Mordred (et Erminig)

Il y a quelques temps, je vous avais fait part de mon ressenti après avoir rencontré Justine Niogret au château de Comper. Vous aurez bien compris le second degré, sinon vous pouvez relire le billet avec un autre œil.

J’ai abordé ce livre avec appréhension. Tout le monde sait qu’un livre ne fait pas l’autre et qu’on a beau aimé le travail d’un auteur ou d’une autrice en général, il y a toujours des exceptions à la règle. L’appréhension venait du sujet. Les légendes arthuriennes ont été exploitées maintes fois, pas toujours avec bonheur. Bien souvent, trop souvent, il s’agissait d’Arthur, de Lancelot, de Guenièvre, le trio amoureux faisant toujours recette. Maintes fois aussi on a suivi Merlin. Combien ont donné la parole à Mordred ?

C’est ce que fait Justine Niogret dans ce roman. Suite à une blessure dans un tournoi, Mordred est alité et oscille entre les songes, qui le ramènent dans son passé pour mieux le faire réfléchir sur son présent et son avenir, et la douloureuse réalité, celle de la souffrance physique, du mal qui le paralyse.

L’écriture de Justine est toujours aussi forte, aussi prenante, poétique et très crue parfois. J’y suis sensible. J’ai plongé dans son univers, j’ai écouté ce que ce personnage, meurtrier d’Arthur avait à me dire et je suis heureux de l’avoir fait. Justine nous parle de la place de chacun dans les légendes, de la force du destin, des sacrifices qu’il demande, mais surtout elle nous parle d’Amour. C’est l’amour qui permet à Mordred et Arthur de faire face à leur destin, à ces choses imposées devant lesquels aucune fuite n’est possible.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’éditeur: www.mnemos.com

Ici vont les morts – Le grand livre du vaudou, tome 1

Voici cinq ans que je faisais la connaissance de Valériane Duvivier pour illustrer le livre de Goulc’han Kervella, Pezhioù-c’hoari farsus, édité par Mouladurioù Hor Yezh. Cette collaboration aurait pu s’arrêter là si je n’avais découvert son webcomics Ici vont les morts. J’ai immédiatement eu envie de le traduire en breton. Nous manquons cruellement de ce genre de littérature dans notre langue et j’aime le style de Valériane. Elle a accueilli cette idée avec enthousiasme et il ne s’est pas tari depuis, pas plus que le mien. Au fur et à mesure de la publication sur internet, l’envie montait en moi de tenir une version papier dans les mains. La dématérialisation a ses aspects pratiques, les murs de mon bureau me le rappellent sans cesse, mais je suis encore un amoureux du papier. L’amour a ses raisons, vous savez. Et puis, j’imagine que matérialiser un projet sur papier lui donne une existence plus grande, plus concrète. Je ne vous demande pas de partager mon opinion. Toujours est-il que je me suis mis en quête d’un éditeur pour la traduction que je faisais d’Ici vont les morts. Mes recherches furent infructueuses. Le premier éditeur n’a pas voulu prendre le risque d’un premier tome ne sachant pas si les suivants viendraient réellement. Je peux le comprendre. Valériane n’est pas connue. Il s’agit d’un webcomics au départ avec tout ce que cela peut représenter d’éphémère et donc de risqué. Le second éditeur n’y a rien compris. Pas sa came. Je peux le comprendre aussi. Alors, il ne restait plus qu’une solution, relancer la maison d’édition associative que j’avais laissée dormir depuis une dizaine d’années, Ar Gripi. Je tiens à remercier les deux éditeurs qui ont refusé le projet. Sincèrement. Sans eux, les créateurs d’Ar Gripi n’aurait pas sorti l’animal du sommeil. Continuer la lecture de « Ici vont les morts – Le grand livre du vaudou, tome 1 »