La colline était ronde

La colline était ronde
Comme le ventre de cette mère
blonde
que le temps a effacé.

Je regardai le ruisseau
au loin
s’enfoncer dans la mer
insouciant
comme je le fus
m’extirpant de la mienne.

De l’autre côté, brume
et nuages s’embrassaient
comme un tableau vieilli, abimé
que l’on ne peut restaurer.

Le soleil, ce jour-là,
faisait comme un nombril
au milieu du néant.
Je cherchai en vain
le cordon qui me mènerait à lui
quand cette main m’a pris.

« Laisse le soleil de l’autre côté de la porte du temps, »
me dit-elle.
Elle inséra le clef, tourna
puis me la fit manger.

Je ne saurais dire
si elle avait le goût
du regret
ou de l’amertume.

De l’autre côté de la porte,
au bout du chemin pavé de jaune,
la colline était ronde
comme le ventre de cette mère
que le temps
venait de dessiner.

Cher Monsieur X

On retrouve de ces choses en triant sa correspondance. Je ne sais plus de quand datent ces quelques vers.

Votre message sympathique
Empreint de regrets poétiques
Me touche profondément
Moi, le vilain garnement.
C’est que, dans ma joie de vous avoir plu
Et malade, peut-être, d’une facebookite aiguë,
Je vous ai invité d’un clic
A faire partie de ma clique. Continuer la lecture de « Cher Monsieur X »

Entre père et fille

Voici la traduction d’un des poèmes de mon recueil breton Pa gavan hir ma amzer édité chez Skrid.

Je la regarde
droit dans ses yeux noisettes
ses cheveux rougeâtres lui caressent les lèvres.
J’observe ce visage
qu’éclaire un jeune soleil.

Je l’observe
et je vois bien
qu’elle ne comprend pas.

Continuer la lecture de « Entre père et fille »

Twit’haiku

J’ai participé cette année au concours de Twit’Haiku organisé par La cantine numérique rennaise. J’ai eu l’agréable surprise de remporter le deuxième prix dans la catégorie langue bretonne.
Je me suis donc rendu avec ma plus grande fan à la cérémonie de remise des prix à Rennes, aux Champs libres.
Ce fut une soirée des plus plaisantes, j’en aurais appris un peu plus long sur cette forme poétique qui m’était inconnue il y a peu encore.

Je n’ai malheureusement aucune photo à vous proposer de mon sourire ravageur  ravagé par le trac, ma plus grande fan ayant été intimidée par le gros engin  appareil photo de son voisin. Bref, il faudra attendre les photos officielles et l’autorisation de reproduire celle sur laquelle je me trouve.
Vous pourrez également voir la soirée happening dans sa totalité, la vidéo sera mise en ligne dans les prochains jours sur Dailymotion probablement. Je ne manquerai pas de mettre un lien ici même.

On m’a offert un sac avec de « petits » cadeaux sympathiques et, tenue par une minuscule pince à linge, il y avait cette carte sur laquelle se trouvait mon haiku.

Qui a été traduit ainsi par le président du jury, Alain Kervern :

Flic floc plic ploc
La vitre de la fenêtre
moissonne les larmes de l’été

Chaque haiku avait droit à une petite analyse qui justifiait le choix du jury. Voici ce qui a été dit à propos du mien :

Evocation rythmée presque chantée de la pluie d’un jour d’été. Ce ne sont plus les champs que l’on moissonne, voici que c’est la vitre derrière laquelle on s’ennuie qui, symboliquement, récolte des gouttes de pluie assimilées à des larmes. La symbolique des images est utilisée ici avec originalité et adresse.

Je ne vous cacherai pas que je suis assez fier de moi. Il faut bien que je le sois de temps à autre ! 😉

A plus tard pour les images…